Alors que plusieurs sites relayent le 11 de légende du coach italien Arrigo Sacchi, nous avons décidé de voir plus loin, pas une biographie non, nous vous proposons une analyse un peu plus poussée de ce technicien hors pair du football. Accrochez-vous et laissez-vous guider, ici on parle football.

Le mage

Le mage de Fusignano c’est le surnom donné à Sacchi, lui qui connaît le football comme un magicien connaît sa baguette, comme un footballeur connaît son ballon, comme un dresseur connaît son chien, comme un…ok je me stoppe ! Il commence sa carrière en 82 (je n’étais pas né…) à Rimini en Serie C1 jusqu’en 85 (toujours pas…) où le déclic arrive : il signe à Parme et c’est là où tout a commencé. Il n’y reste que 2 ans, mais c’est dans ce club de Parme, aujourd’hui en faillite totale, qu’il montre ses qualités et qu’il se fait remarquer 2 ans plus tard par… MR Berlusconi grand président du Milan AC en personne. La révolution est alors en marche : Sacchi va littéralement changer le football italien et en faire ce qu’il est actuellement, c’est à dire l’un si ce n’est LE championnat le plus parfait tactiquement parlant.

L'élève et le maitre

L’élève et le maitre

Tacticien hors pair

1ère expérience en Serie A dans le grand Milan, il fallait oser ! Berlusconi a eu le nez fin… Arrigo Sacchi est un coach assez spécial qui reste fidèle à ses convictions, peu importe le poids de ses décisions. Pour le côté humain, pour la qualité des déclarations veuillez repasser svp, pour preuve sa dernière sortie médiatique remarquée :  »Nous n’avons plus ni orgueil ni dignité. Ce n’est pas possible de voir le Championnat des moins de 20 ans avec 15 étrangers. » Pour ensuite finir avec cette phrase qui a fait scandale :  »Il y a de trop nombreux noirs et de trop nombreux étrangers dans les catégories des moins de 20 ans. » Mais Sacchi affirme qu’il n’est pas raciste et ne l’a jamais était. Il arrive au Milan et impose de suite son style : deux entraînements environ… par jour au lieu de quatre en moyenne…par semaine ! Ses premiers mois à la tête des Rosso sont un fiasco, sa méthode de travail est incomprise par les joueurs et le vestiaire doute de sa capacité à mener un tel groupe. Mais lors d’une rencontre importante à Vérone, Berlusconi lance une bombe à ses joueurs :  » Entre Sacchi et l’équipe je choisis Sacchi. » Comprenez : soit tu joues et accepte sa méthode, soit tu vas voir ailleurs si j’y suis.

Révolution

Arrigo révolutionne le football milanais, mais surtout italien. Son 4-4-2 en zone va changer la vision du football. Beaucoup d’équipes à cette époque évoluent dans ce schéma, mais Sacchi rajoute sa touche. Chaque joueur a sa zone définie en attaque comme en défense et c’est ce qui change tout. Un bloc équipe compact, une défense qui joue le hors-jeu et qui se place très haut sur le terrain, tous les joueurs se déplacent ensemble, jouent les uns pour les autres et surtout défendent très bien : le Milan termine champion d’Italie avec seulement 14 buts encaissés… pas 25, pas 20 mais bien 14 buts encaissés. Toute l’Italie est impressionnée par ce Milan qui devient assez rapidement la référence au pays des pâtes et de la pizza (aucun rapport je l’admets).

Des joueurs qui s’adaptent

La vraie force du tacticien italien ce n’est pas le système en lui-même bien que ce qu’il a créé est phénoménal, mais réussir à faire jouer des joueurs logiquement pas adaptés à ce système l’est encore plus ! Rijkaard, Gullit, Van Basten, Ancelotti, Donadoni, Baresi, Maldini, Costacurta… que de gros caractères qui s’adaptent au schéma du tacticien et qui deviennent une machine à gagner, que dit-je, une machine intelligente qui gagne et qui joue bien ! Les joueurs travaillent très dur en semaine et s’amusaient le dimanche en match et c’est ce qui faisait la différence avec les autres équipes : le travail.

 

La magie de Sacchi

La magie de Sacchi

La magie de Sacchi

Alors oui Arrigo Sacchi n’a pas réussi partout avec ses idées, quand il a pris la Nazional, les résultats n’ont pas été ceux espérés, mais il a tout de même révolutionné le football et il a appris beaucoup de choses à de nombreux coachs actuels, italiens ou non. Il avait une devise : onze joueurs qui jouent comme s’ils n’en étaient qu’un. Voilà comment résumer le magicien en une seule phrase.