Dimanche 13 novembre 2016, stade Bauer, la magie de la Coupe de France n’a pas fait effet entre l’ES Parisienne (PH) et le CA Bastia (National) au 7ème tour. 6 divisions d’écart entre les deux équipes, un monde, que dis-je, un univers sépare le club corse habitué au haut niveau et le club d’île de France, dernier de Promotion d’Honneur. Focus.

Dans la cours des grands.

Les joueurs avaient rendez-vous à 11h au stade Bauer, déterminés à l’image du capitaine Bouba Cissoko qui dans un snap se donnait de la force avec la chanson du rappeur de la Sexion d’Assaut Lefa qui chante « J’ai connu l’ES Parisienne, j’ai vu des joueurs d’un niveau, poto, t’as pas l’dixième ».
Même si Balla Sidibé, coach de l’ESP, martelait avant le match « Le principal c’est le championnat », on sentait l’envie de faire un coup, l’envie de rester le plus longtemps dans cette compétition. Un match de Coupe de France ne s’organise pas comme un match de championnat et on l’a bien senti : Hichem, éducateur au club, se transforme en chef de la sécurité avec le reste des éducateurs du club, Yacou lui, s’occupe des enfants accompagnateurs des joueurs. Accréditations autour du cou, je me place au bord de la pelouse pour suivre ce qui s’apprête à être le match de leur carrière.


Jeu égal

Les corses, eux, ne s’attendent sûrement pas à un match relevé mais ils le savent : un match de Coupe reste un match de Coupe et seule la motivation compte. Les deux équipes sont dans le tunnel, le public est venu en nombre (plus de 1 500 personnes selon Le Parisien) c’est parti pour le premier 7ème tour de l’histoire de l’ES Parisienne !

Une première période bien maîtrisée par les joueurs d’île-de-France qui défendent bien et contre-attaquent assez rapidement. Une équipe très organisée que je vais vous présenter : au goal Abdoulaye, qui a tenu la baraque sur les rares offensives corses, une défense compacte et très propre avec le capitaine Bouba, son binôme dans l’axe N’Pali, à droite Jacques, rarement pris de vitesse, et à gauche Mohamed, qui a très bien combiné avec son ailier.
Un milieu de terrain défensif rugueux, efficace, composé de Youba et Michael, Saphir le numéro 10 qui, techniquement, joue très juste, deux ailiers rapides avec Mehdi et Ludovic, respectivement à gauche et à droite, et Mustapha en pointe qui n’a cessé d’harceler les relances bastiaises et qui s’est créé une belle occasion contrée par la défense. Les deux équipes rentrent au vestiaire sur un score vierge qui aurait pu tourner à l’avantage des joueurs de Balla Sidibé mais qui satisfera le public de Bauer. Le seul point noir de cette période et pas des moindres est la blessure du capitaine Bouba qui c’était déjà blessé lors du 6ème tour contre Saint Brice, parfaitement remplacé par Senny. Les joueurs le savent : il faut essayer d’accrocher le nul le plus longtemps possible et essayer de réussir le holdup. Et le scénario que tout le monde espère va presque se produire…

Le tournant n’a pas eu lieu

Au retour des vestiaires, on sent un groupe bien plus timoré, plus hésitant et bien sûr plus faible physiquement : les corses s’entraînent tous les jours, sont footballeurs à plein temps alors que les parisiens ne s’entraînent que 3 fois par semaines. Le temps passe lentement pour le public de Bauer qui fait du bruit pour encourager son équipe qui tient courageusement ! Mais ce qui devait arriver arriva ! Un magnifique raide solitaire conclu d’une frappe du gauche de Camara à 15 minutes de la fin du match. On se dit alors que les carottes sont cuites pour l’ESP, qui n’a eu aucune grosse occasion lors de cette deuxième période… Jusqu’à la 89ème minute environ… Un centre venu de la gauche, de qui ? Je ne sais plus, mon « statut » de « journaliste » est passée à la trappe, j’étais devenu supporter ! Magnifiquement contrôlé par Boubou qui venait de rentrer peu de temps avant, qui se retrouve absolument seul face au gardien du CAB… Mais qui écrase trop son ballon capté par ce dernier. Une énorme occasion de revenir et de mériter une prolongation. Fin du match, avec beaucoup de regrets mais l’essentiel est ailleurs : 16 joueurs, 5 dirigeants, des éducateurs du club transformés en bénévoles ont rendu fier tout un stade, toute une ville !

L’ES Parisienne, petit club de PH d’île de France a tenu la dragée haute à un club de National ! La magie de la Coupe estompée, il va falloir revenir à la dure réalité du quotidien : le championnat ! Une dernière place incroyable vu le niveau de jeu affiché par le groupe de Balla qui, on en doute pas, raflera tout sur son passage s’ils réitèrent ce genre de performance. En attendant, des souvenirs plein la tête, ils pourront se dire qu’ils ont fait rêver beaucoup de personnes et qu’on retiendra au club que l’ES Parisienne est un jour arrivé au 7ème tour de Coupe de France. Bravo messieurs et merci ! I love this game !