Elle fait partie de la génération 98 pétrie de talent, une génération qui est amenée à prendre place dans le paysage foot féminin ces prochaines années. Elle, c’est Laurine Coutenay, joueuse au PSG U19 ! Elle a fait partie du groupe sacré face à Lyon l’année dernière, ce fameux groupe entraîné par Pierre-Yves Bodineau, composé notamment de Hawa Cissoko, Perle Morroni, Marie Antoinette Katoto, Grace Geyoro, Sana Daoudi et j’en passe.

En septembre dernier, elle fût convoquée par Gilles Eyquem à un rassemblement avec l’équipe de France… Avant de subir la pire blessure qui puisse arriver à une footballeuse : les croisées… Entretien avec une jeune fille plein de talent, qui se bat pour revenir le plus vite possible sur les terrains.

Everfoot : Bonjour Laurine, comment vas-tu ?

Laurine : Très bien merci.

Everfoot : Peux-tu te présenter pour les internautes d’Everfoot ?

Laurine : Je m’appelle Coutenay Laurine, j’ai 18 ans et je suis latéral au Paris Saint-Germain. Je joue en U19 et je suis actuellement en dernière année. Je n’ai pas encore disputé de match cette année suite à ma blessure.

Everfoot : Pourquoi as-tu choisi le football ? Et comment es-tu arrivé au PSG ?

Laurine : J’ai envie de dire que ce n’est pas moi qui ai choisi le foot mais plutôt lui qui m’a choisi. J’aime ça depuis toujours. Au début je jouais au quartier parce que mon père ne voulait pas m’inscrire, ensuite le club de ma ville m’a repéré. J’ai d’abord été joué là-bas puis j’ai été faire des détections au Paris Saint-Germain. Je suis arrivée en tant qu’U16 mais j’ai rapidement été surclassée en U19, le sur classement est beaucoup plus fréquent chez les filles. Cette année j’entame ma dernière année dans le groupe U19.

Everfoot : Que fais-tu en dehors du football ? Tu vas toujours à l’école ?

Laurine : Oui toujours, j’ai dû redoubler pour certaines raisons, je suis actuellement en terminale donc je passe mon bac cette année.

Everfoot : L’année dernière tu étais dans le groupe sacré championne du Challenge National, racontes-nous un peu cette aventure.

Laurine : C’était l’un des plus beaux moments que j’ai pu vivre au foot. Je pense, sans nous venter, qu’on avait déjà gagné cette finale avant de la jouer tellement on était motivées et déterminées. Les autres années, on avait manqué de rigueur tactique, de discipline mais cette fois on a rien laissé au hasard. C’était d’autant plus beau que cela s’est passé sous les yeux de Patrice Lair, comme un symbole du renouveau du club.

Laurine Coutenay

Everfoot : En septembre suite à cette très belle saison de ta part, tu es convoquée par Gilles Eyquem pour un stage avec l’équipe de France U19 alors que le 22 juin tu te fais les croisées. Comment as-tu appris ta sélection et quel sentiment as-tu éprouvé ?

Laurine : C’est Ouleye qui m’a envoyé la liste, en me disant que ce n’était rien, que même si je ne pouvais pas y aller là j’irai forcément plus tard. Je n’arrivais pas à y croire, la FFF savait pourtant que j’étais blessée mais à quand même mit mon prénom dans la liste. Sur le coup ça a vraiment été dur, l’EDF n’est pas une finalité mais ça fait toujours plaisir d’être appelée. J’ai mis quelques jours à m’en remettre surtout que beaucoup de personnes qui ne savait pas que j’étais blessée me félicitaient et tout donc voilà. Après personnellement, avec le recul que j’ai sur la blessure et ma motivation personnelle, je sais que je vais me donner les moyens d’être rappelée et je le serai.

Everfoot : Mentalement, ta blessure te fragilise ou au contraire elle te rend plus forte ?

Laurine : Pour être honnête la blessure nous fait passer par plusieurs phases, mais au début ça nous brise vraiment. Après tout dépend des gens mais il faut du temps pour se reconstruire et accepter qu’on ne sera plus jamais la même personne que ce soit au niveau sportif ou même dans la vie de tous les jours. Personnellement, ma mère m’a toujours répété « Trouves toujours un moyen tirer du positif du négatif et tu ne seras jamais perdante » donc cette blessure m’a énormément apporté. Je suis beaucoup plus calme, réfléchit et j’ai un mental à toute épreuve. Quand tu quelque chose comme ça, les autres choses deviennent plus légères, on se concentre d’avantage sur les choses qui méritent de l’intérêt.

Everfoot : Je te suis sur les réseaux sociaux et je vois une très grande force de caractère… C’est une carapace ou tu es réellement comme ça ?

Laurine : Beaucoup se posent la même question j’ai l’impression. On va dire que la blessure m’a beaucoup changé et aujourd’hui, la carapace fait totalement partie de moi-même. Celle que vous voyez est celle que je suis.

Everfoot : Quelle est la position du PSG face à ta blessure ? Connaissant Pierre-Yves, ton coach, j’imagine qu’il t’a beaucoup soutenu ?

Laurine : A vrai dire je n’ai eu qu’un entretien avec Pierre-Yves depuis le début de ma blessure donc je ne connais pas la position du club vis à vis de moi. Évidement qu’il m’a soutenu comme il l’a toujours fait. Je le remercie d’ailleurs pour toute la confiance qu’il m’accorde et j’espère lui rendre du mieux que je peux.

Everfoot : Comment vois-tu l’avenir une fois remise sur pieds ?

Laurine : J’ai beaucoup de projets et je compte tous les réaliser, sans exception. Mon avenir sera au-dessus de mes espérances j’espère, quoiqu’il en soit je vais m’en donner les moyens.

Laurine Coutenay 2

Everfoot : Tu es dans ta dernière année U19, ce qui signifie que l’année prochaine si tu ne signes pas un contrat pro, l’aventure avec le PSG risque de s’arrêter. As-tu une certaine pression face à cette situation ?

Laurine : Exact. Naturellement on pourrait le croire et je pourrais te dire que je n’y pense pas mais ce serait mentir. Mais pour être franche, j’essaie d’y faire abstraction. J’ai d’abord pour but principal de revenir correctement de ma blessure, le reste adviendra ce qu’il adviendra. Prendre les choses dans l’ordre et ne pas confondre vitesse et précipitation est la clé de la réussite.

Everfoot : Vous êtes beaucoup dans le groupe à être très attachées à Paris (et sa banlieue) et au PSG plus particulièrement, comment l’expliques-tu ?

Laurine : Je pense que dans tous les grands clubs de France il y a cet attachement. Mais c’est vrai qu’ici, c’est la capitale, notre club voit toujours les choses en grand et y met beaucoup de moyens. On a forcément envie de le représenter du mieux qu’on peut.

Everfoot : Il y a une chose que je n’aime pas faire mais que beaucoup font : comparer le football masculin au football féminin. Penses-tu qu’on ne pourra jamais parler des filles sans faire un rapprochement aux garçons ?

Laurine : Non, forcément il y aura toujours une comparaison à faire ou un rapprochement. C’est comme ça, c’est ancré dans la mentalité des gens et, même si cela change, je pense que la dissociation complète entre le football masculin et le football féminin n’est pas prête d’arriver.

Everfoot : Il y a d’ailleurs une banderole qui a choqué dans les tribunes du Parc OL lors du match Lyon – Lille : « homme/stade et femme/cuisine », qu’en penses-tu ? Surtout qu’à Lyon, ce sont les filles qui ramène le plus de trophées…

Laurine : C’est vrai, c’est complètement stupide et sexiste. Dénué de sens puisque c’est vrai que les lyonnaises ont un superbe palmarès. Rien à redire, j’espère qu’ils seront sanctionnés.

Everfoot : Que penses-tu de ton groupe cette année ? Vous avez perdu plusieurs cadres qui n’ont plus l’âge de jouer avec vous et qui ont signé pro (Hawa Cissoko, Grace Geyoro, Anissa Lahmari, Perle Morroni, Marie Antoinette Katoto). Est-ce que tu penses que de tels phénomènes se trouvent dans le groupe de cette année ?

Laurine : Je pense oui, il nous reste deux trois phénomènes qu’on garde pour nous pour l’instant, par exemple Sandy Baltimore et Lina Boussaha qui sont souvent intégrées au groupe pro.

Everfoot : Pierre-Yves Bodineau fait un incroyable travail : invaincu depuis 1 an, bien que ce soit les joueuses qui sont responsables des bons ou des moins bons résultats, es-tu d’accord avec moi quand je dis que c’est en grande partie grâce à Pierre-Yves si le PSG U19 est aussi solide ?

Laurine : Exact, on ne peut pas parler de formation sans mentionner Pierre-Yves. Il nous accompagne vraiment très bien et jusqu’au bout. On voit qu’il aime ça et qu’il est vraiment fier de nous.

Everfoot : Que penses-tu de la saison du PSG en D1 ?

Laurine : Je pense que l’arrivée du nouveau coach, du nouveau staff et de nouvelles joueuses à apporter énormément de fraîcheur et que ça s’est vu sur le début de saison à travers la bonne dynamique de l’équipe. La victoire contre Lyon en est la preuve, on a un bon état d’esprit, j’espère vraiment que ça va continuer.

Everfoot : Et de la sanction de 4 points en moins infligée au club suite à l’entrée en jeu de Sarah Palacin qui n’était pas inscrite sur la feuille de match ?

Laurine : J’ai entendu des histoires comme quoi l’équipe allait être sanctionnée mais 4 points je n’aurai jamais pensé. C’est trop, tout simplement. Encore 3 c’est compréhensible mais 4, pourquoi faire ?! 1 point de sanction paraît-il mais déjà, perdre le match est une sanction.

Everfoot : Fin de l’entretien, on passe maintenant au « ChoixDeFou » la rubrique Everfoot. Une question, une seule réponse possible et un seul joker, ok ?

Laurine : Ok let’s go.

Everfoot : Ta joueuse préférée ?

Laurine : Cristiane.

Everfoot : Gagner l’Euro avec la France ou la Ligue des Champions avec le PSG ?

Laurine : La Ligue des Champions avec le PSG.

Everfoot : Ton plus beau souvenir footballistique ?

Laurine : Il y en a trop ! Mais je dirai le 5 juin lorsqu’on a battu Lyon en finale du Championnat de France.

Everfoot : 4 joueuses avec qui tu t’entends le plus ?

Laurine : Sur le terrain, Hawa Cissoko, Kenza Allaoui et Sana Daoudi après en dehors je suis plutôt cool donc je m’entends avec quasi tout le monde.

Everfoot : Que penses-tu de l’arrivée de Alex Morgan à Lyon ?

Laurine : D’un point de vu sportif c’est bien pour elle, pour qu’elle se relance vu que depuis 2, 3 ans on entendait plus trop parler d’elle. Et je trouve que c’est une superbe promo pour le football féminin en France, ça risque d’attirer des joueuses internationales mais également d’inciter plus de filles à jouer au foot.

Everfoot : La première chose que tu fais si tu signes pro au PSG ?

Laurine : Je remercie Dieu, toutes les personnes ayant été là pour moi durant ma blessure et je donne mon premier maillot à mon grand-père.

Everfoot : Pourrais-tu un jour signer à l’OM ?

Laurine : Jamais.

Everfoot : Que penses-tu des médias foot en France ?

Laurine : Généralement ils sont plutôt bons et offrent de plus en plus de visibilité au foot féminin mais ce n’est rien du tout par rapport aux garçons, on aimerait plus !

Everfoot : Marquer un but ou faire une passe décisive ?

Laurine : JOKER.

Everfoot : Ta célébration préfère ?

Laurine : Sauter dans les bras de la personne la plus proche.

Everfoot : Fifa ou Football Manager ?

Laurine : Aucun des deux.

Everfoot : Un dernier mot ?

Laurine : Force et courage à tous les footballeurs et footballeuses. Entourez-vous des bonnes personnes et n’oubliez pas que la douleur du combat n’est rien face au bonheur de la victoire.

Everfoot : Merci à toi Laurine de m’avoir accordé de ton temps, j’espère te voir très bientôt sur les terrains et de retour au haut niveau. À très bientôt sur Everfoot.fr !

Laurine : Merci à toi pour ta gentillesse. Pas de soucis, retour incessamment sous peu !